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Les Maquiladoras à Tijuana - CITTAC

 

Les Maquiladoras à Tijuana - CITTAC

Centro de Informacion para Trabajadores y Trabajadoras, Asociacion Civil.
Centre d’information pour les travailleurs et travailleuses


4 février 2004 , Tijuana, Baja California del Norte, Mexico
écris par Johanne Pelletier et Francis Murchison

En route pour organiser les travailleuses et travailleurs.

Dans le local du Front zapatiste à Tijuana, le Centre d’information des travailleuses et des travailleurs regroupe plus d’une douzaine de personnes qui avaient ou qui ont encore le pied dans une maquila. Puisque la situation des maquileros est précaire, l’aide est migrante et varie avec la disponibilité des emplois. Ensemble, ils font tout ce qu’ils peuvent pour créer un mouvement. Ainsi, ils vont promouvoir, appuyer et accompagner les luttes des travailleuses et travailleurs de l’industrie maquiladora afin de leur permettre de s’organiser pour défendre leurs droits et améliorer leurs conditions de vie et de travail.

Parce qu’ils ont eux-mêmes subi des injustices à travailler dans la maquila, les activistes de Cittac ont compris qu’ils devaient se défendre contre cette exploitation. Joel, un travailleur de la maquila, nous disait : « Quand tu ne connais pas la loi, tu ne peux rien faire. Sans connaître tes droits, tu ne peux pas te défendre. – Cuando no conoces la ley, no puedes hacer nada. Sin conocer tus derechos, no puedes defenderte. »

En effet, par leur expérience personnelle, ils ont compris que les avocats qui les représentent devant la Junta de Conciliacion y de Arbitraje, le font pour le négoce et non pas pour la protection des droits des travailleurs. La tendance est plutôt de réclamer moins que ce qui est prévu par la loi, faisant autant l’affaire des patrons que des avocats qui peuvent ainsi régler un plus grand nombre de cas et s’en mettre plein les poches.

Le Cittac fournit une assistance légale gratuite pour les travailleurs qui le sollicitent. Plus de vingt demandes sont présentement en cours. Par la connaissance de la loi, ils arrivent à livrer une résistance légale par leur entêtement et à faire appliquer la loi avec justice. Ils ont beaucoup de succès à représenter les travailleurs puisque même les patrons, dont l'habitude était de régler le conflit de façon monétaire en donnant moins que ce que prescrit la loi, ne prévoyaient pas la nécessité de se prémunir de bons avocats. De fait, depuis cette résistance légale, les patrons offrent davantage d’argent lorsqu’ils sont poursuivis devant la Junta.

En 1993, une publicité vantait les vingt-cinq ans d’expérience de l’industrie maquiladora à Tijuana. Jaime Torres, assistant légal du Cittac, nous disait « Ils avaient 25 ans d’expérience à nous exploiter mais nous n’avons pas 25 ans d’expérience en organisation de notre défense. – « Tenemos 25 anos de experiencia » explotandonos y nosotros no tenemos 25 anos de experiencia en organizacion defendiendonos. » C’est à partir de cette année qu’ils ont commencé à investiguer davantage, accroissant ainsi le nombre de luttes dans la maquila. L’expérience se développe avec cette conscience historique qu’ils accumulent au gré de leur recherche, constituant à l'heure actuelle une une banque impressionnante d’informations. « Jamais nous n’avions pensé lorsque nous nous sommes formés que nous allions étudier l’histoire, mais il en résulte que nous étudions l’histoire. Nous sommes des avocats sans être avocats, nous sommes des chercheurs sans être historiens. – Nunca habiamos pensado cuando nos formamos que ibamos investigar historia, pero resulto que estamos investigando historia. Somos abogados sin ser abogado, somos investigadores sin ser historiadores. »

Par ailleurs, ils distribuent aussi de l’information pour faire connaître les droits des travailleurs. À la sortie de la maquila, ils donnent le primero auxilios laborales, un fascicule sur les principaux droits du travailleur. Comme membre de la Red Local de Trabajadoras y Trabajadores de la Maquila (Réseau local de travailleuses et travailleurs de la Maquila), ils participent à la publication du Boletin Maquilero (Bulletin Maquilero) qui fournit un espace de diffusion pour les travailleurs et travailleuses. Entre temps, ils préparent constamment des ateliers sur les droits du travail.

À l’heure actuelle, le mouvement est petit et agit davantage sous le mode défensif. Les luttes se font au niveau individuel, pour un renvoi injustifié dans une usine par exemple, et non pas à un niveau suffisamment global, ce qui pourrait avoir un impact plus important sur les conditions de travail ou sur le respect des droits en général. Le Centre d’information tâche de construire une solidarité avec d’autres organisations au Mexique et aux États-Unis. Jaime nous faisait remarquer que « le problème de l’industrie maquiladora ne peut pas être résolu seulement par les travailleuses et les travailleurs de l’industrie maquiladora puisque le travailleur n'a pas de contacts directs avec un patron "traditionnel", du genre de ceux que l'on retrouvait ici au Mexique ou dans d’autres endroits. Ils font plutôt face aux grandes transnationales; ils font face au pouvoir mondial. Afin de rendre la bataille plus concrète, il faudrait que ce mouvement dans la maquila soit uni à d’autres mouvements sociaux.

Il reste donc à créer cet environnement de solidarité avant de voir les conditions de travail changer réellement. À eux seuls, les travailleuses et travailleurs à l’intérieur de la fabrique ne peuvent parvenir à un réglement. – El problema de la industria maquiladora no la pueden resolver solamente las trabajadoras y los trabajadores de la industria maquiladora porque el trabajador de la maquila no se esta enfrentando al patron traditional que habia antes aqui, en Mexico, o en otros lugares. Sino se estan enfrentando a los grandes transnationales, se estan enfrentando por tanto al poder mundial. La unica forma como realmente se puede es que ese movimiento en la maquila esté unido a otros movimientos sociales. Entonces, hay que crear todas estas condiciones para que realmente cambian las condiciones. Ellos solos, los que estan a dentro de la fabrica, no lo pueden cambiar

Finalement, le Cittac s’anime petit à petit à créer un mouvement à Tijuana, utilisant tous les moyens mis à leur disposition afin de faire face au système d’exploitation capitaliste qui atteint son paroxysme avec l’industrie maquiladora. L'objectif est tout aussi grand que louable. Pour ce faire, ils fournissent une assistance légale aux travailleuses et travailleurs, ils distribuent de l’information et s’activent à construire une solidarité avec d’autres organisations au Mexique et aux États-Unis.

C’est ainsi qu’en parlant du système actuel, Jaime soutenait que " ce qui importe, c’est d’organiser les gens (les travailleuses-rs). S’ils (les investisseurs étrangers) veulent venir investir, qu’ils viennent, mais qu’ils respectent nos lois. Or ils ne peuvent pas le faire. Alors, conséquemment avec cette question du respect des lois mexicaines et des droits humains, on en arrive à dire que ces entreprises ne devraient pas exister. Lo que importa es de organizar la gente (los trabajadoras-es. Si quieren venir invertir, vengan, pero respetan nuestras leyes. No lo pueden hacer. Entonces si tu estas haciendo consecuente con la cuestion de que las empresas deben respetar las leyes mexicanas, deben respectar los derechos humanos. Tu practicamente lo que estas diciendo es que esas empresas no deben de existir

Centro de Información para Trabajadoras y trabajadores, A.C.
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Fracc. Dimenstein
Tijuana, Baja California, México.
tel: (664) 622-4269
cittac@telnor.net
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Tel: (664) 647-7766

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