Community
Alliance for Global Justice
11
novembre 2003, Seattle WA
par Johanne Pelletier et Francis Murchison

les locaux du CAGJ
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Après
une course sous la froide pluie d’automne dans le District international
de Seattle, nous nous réfugions enfin dans les locaux d’un
groupe de justice sociale en réponse à une invitation.
Nous sommes accueillis avec un repas chaud et une atmosphère
conviviale à la rencontre générale de Community
Alliance for Global Justice(CAJG). Parmi la vingtaine de personnes présentes
à la réunion, l’on pouvait constater un joyeux mélange
d’hommes et de femmes de tous ages, des étudiants, des
retraités et des travailleurs, tous réunis autour de buts
communs. Pour commencer la soirée, tout le monde s’est
présenté au groupe. Ensuite, une des bénévoles
a discuté du Consensus de Buenos Aires du récent massacre
de manifestants en Bolivie ainsi que de la révolte populaire
ayant mené à la fuite du Président Gonzalo Sandrez
de Lozada vers Miami. Ces deux derniers événements sont
assez importants dans la résistance face à la ZLÉA
(Zone de Libre-Échange des Amériques). En tant que groupe
qui résiste à la mondialisation néo-libérale,
CAGJ travaille pour « augmenter la compréhension des impacts
locaux de l’économie globalisée et d’étendre
la participation du public dans le développement de celle-ci
». Pour cette soirée, le principal point à l’agenda
était la planification de leur prochaine action concrète,
the Race to the Bottom : Fun Run and March. Cet événement
de grande envergure coïncide avec les négociations de Miami
pour la Zone de Libre-Échange des Amériques. Pour souligner
les différents impacts et enjeux du libre-échange au niveau
local, la manifestation mettra en scène des activistes à
travers la ville de Seattle qui feront des arrêts à des
endroits clés comme les traversiers de Seattle et le Bureau Fédéral
où les emplois sont menacés par le outsourcing, une forme
de privatisation. C’est donc en préparation pour la ourse
vers les bas fonds que tous et chacun ont participé activement
à la réunion de façon amicale et réceptive.
Le
Post-OMC à Seattle
Il
y a maintenant environ deux ans, CAGJ a vu le jour grâce à
un comité fondateur d’une dizaine de personnes qui ont
décidé de former une organisation de membres en réaction
au manque d’initiatives à long-terme dans l’État
de Washington. En 1999, un afflux important d’activistes provenant
de l’extérieur de Seattle ont participé à
coordonner la manifestation qui a contribué pour une grande part
à l’échec de la rencontre de l’Organisation
Mondiale du Commerce (OMC). Les réseaux qui ont été
créés pour la Conférence étaient cependant
événementiels et le mouvement s’est effondré
après le sommet, et ce malgré plusieurs efforts pour soutenir
l’initiative. Le comité fondateur du CAGJ a donc agit en
pensant que s’ils voulaient vraiment changer le monde, ils devaient
pouvoir créer une organisation durable et stable.
Du
pain sur la planche
Depuis
décembre 2001, les gens de CAGJ ont travaillé pour développer
les aptitudes des activistes locaux dans le but de construire une base
de personnes bien informées et prêtes à mobiliser
sur le long terme. Ainsi, ils ont mené plusieurs activités
dans la région de Seattle qui mettent principalement l’accent
sur la sensibilisation du public. À l’automne 2002, plus
d’une centaine de personnes ont assisté à une conférence
du nom de « No more NAFTAs » que CAJG a organisée
pour tracer un bilan de l’ALENA (Accord de Libre-Échange
Nord-Américain) et parler des menaces de la ZLÉA. Ils
ont aussi mené plus d’une douzaine d’ateliers sur
la ZLÉA et ses enjeux. De manière à lier les enjeux
locaux et globaux, CAGJ ont convié des rencontres de Seattle
Sustainable Coffee Coalition pour promouvoir le commerce équitable.
Cette coalition travaille avec plusieurs organisations pour étendre
la conscience et la vente de café d’ombre, équitable
et biologique. L’été dernier, les membres de Community
Alliance for Global Justice ont poursuivi leur mandat de sensibilisation
du public en présentant une série de films sur des sujets
clés tels que le coup contre le Président Chavez au Venezuela,
le Mouvement des Sans-Terre (MST) au Brésil, et sur la situation
des immigrants aux États-Unis. De même, en continuité
avec leurs efforts précédents, CAGJ ont réalisé
des campagnes de sensibilisation pour la prochaine Race to the Bottom
afin de recueillir du support auprès des syndicats locaux, des
églises, des écoles et des travailleurs du secteur public.
Plus
encore, à cause de la diversité de leur membres, CAGJ
combine une multitude de perspectives politiques et d’idées
sur comment travailler pour changer les choses. En ce sens, l’organisation
met l’emphase sur de multiples orientations. Certains membres
travaillent à la construction du mouvement alors que d’autres
travaillent davantage au niveau politique. Auparavant, l’Alliance
a tenu un sit in au Bureau du Sénateur Maria Cantwell pour la
convaincre de rencontrer des partenaires locaux de leur coalition contre
le Fast Track*. En plus de réussir à rencontrer la Sénatrice,
ils sont maintenant capables d’avoir des entretiens réguliers
avec cette dernière. Dans un important effort symbolique, CAGJ
essaie d’obtenir une position officielle contre la ZLÉA
de la part du Conseil Municipal de la ville de Seattle afin d’aider
à unifier le mouvement d’opposition à Seattle. La
prochaine phase de la campagne contre la ZLÉA est de constituer
des groupes d’activistes pour travailler dans les différents
districts au Congrès que l’on retrouve dans l’État
de Washington. Les groupes mobiliseront l’opinion publique en
résistance à la ZLÉA pour faire pression sur les
représentants des districts afin qu’ils se prononcent contre
au Congrès. Dans un même ordre d’idée, comme
ils se nomment eux-mêmes l’« Alliance», une
part de leur travail au niveau local est de créer des alliances
dans leur communauté autour des différents enjeux du libre-échange.
CAGJ travaille dans de nombreuses coalitions ainsi qu’en collaboration
avec des diverses organisations comme des syndicats, des groupes étudiants
et des organisations latino-américaines pour tenter d’unifier
les efforts contre la ZLÉA. Par exemple, CAGJ est un membre actif
de “Jobs with Justice”, une coalition de travailleurs de
plus de 125 groupes-membre avec lesquels ils travaillent en étroite
association.
Malheureusement,
comme plusieurs autres organisations alter-mondialistes aux États-Unis,
CAGJ regroupe majoritairement des membres de race blanche, proposant
de ce fait un espace moins accueillant pour les personnes de couleur
qui souhaitent se mobiliser par rapport aux mêmes enjeux. Un des
buts majeurs de CAGJ est donc d’augmenter la diversité
du mouvement de justice globale en créant une organisation anti-raciste
et multiculturelle. Pour remplir cet objectif, l’Alliance travaille
au niveau interne en encourageant entre autre chose tous les membres
à participer à des formations contre le racisme et en
tentant d’atteindre et de maintenir une proportion d’au
moins 50% de personnes de couleur sur leur conseil d’administration.
De plus, ils se dévouent à mettre en évidence le
rôle que le racisme joue dans l’économie globalisée
et supportent les efforts des organisations de justice sociale menés
par des personnes de couleur.
Finalement, les gens de Community Alliance for Global Justice se perçoivent
comme faisant partie d’une campagne hémisphérique
contre la ZLÉA et d’un mouvement de plus large ampleur
luttant contre la mondialisation néo-libérale et corporative.
Ils veulent poser cette question à propos du système économique
international : « Qui sont les gagnants de cette course vers les
bas fonds? » lorsque les géantes transnationales utilisent
les règles commerciales pour augmenter leurs profits tandis que
souffrent les sociétés et l’environnement partout
à travers le globe. Ainsi, le 22 novembre 2003, leur Race
to the Bottom, Fun Run and March mettra en lumière la force
et l’unification de la mobilisation populaire contre la ZLÉA
à Seattle.
*
Le Fast Track est une loi qui donnerait le pouvoir au Président
Bush de négocier de nouveaux traités commerciaux avec
une période de débat et de délibération
minimale au Congrès.
Community
Alliance for Global Justice
606, Maynard Ave. S. #252
Seattle, WA 98104
Phone: 206 405 4600 Fax: 206 405 4602
Email: cagj@riseup.net
Website: www.seattleglobaljustice.org
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